JACQUELINE MARTYRISéE, GRACIéE, ENFIN LIBéRéE !

Ah Jacqueline… Jacqueline qui, avec ou sans grâce, déchaîne les passions… Jacqueline, si peu grâcieuse pourtant…

Une certaine Droite est un peu ennuyée car c’est une députée LR, Valérie Boyer, filloniste chic et de choc du staff de campagne, qui avait pris la tête du mouvement pour que Jacqueline Sauvage soit libérée. La Gauche n’a pas été en reste, comme la plupart des mouvements féministes. Jacqueline Sauvage était ainsi devenue un symbole majeur : plus de 50 ans de tabassage d’elle-même et de ses 3 filles, par ailleurs violées par leur mari et père, tortionnaire sadique. Elle l’a tué d’un coup de fusil dans le dos, un soir de violence de trop, et n’a pas manifesté suffisamment de contrition…

La grâce accordée hier vient après une grâce partielle en début d’année qui laissait aux juges leur pouvoir d’appréciation. Grâce partielle qui disait « non, il ne faut pas se faire justice soi-même » mais « oui la justice est humaine ». Les juges ont, par deux fois, refusé sa liberté à cette femme qui n’avait pas manifesté assez de contrition, pas assez réféchi à son acte, et patati et patata…

Imaginons cette femme qui a supporté toute sa vie d’être battue comme plâtre et qu’elle et ses filles soient violées… Evidemment, ç’aurait été plus simple si Jacqueline Sauvage avait été ou plus forte pour résister ou plus fragile pour être protégée… En fait « on » aurait aimé qu’elle soit quelqu’un d’autre. Sauf que non : elle est juste ce qu’elle est. Jacqueline Sauvage, une femme battue qui a craqué et ne fait pas semblant d’être contrite ou aimable. 

Des questions se posent cependant : avait-t’elle trouvé des secours dans la société pendant toutes ces années ? Que faisaient les services sociaux ? les voisins ? la famille de Monsieur ? sa famille à elle ? Tout le monde a détourné les yeux… La société aussi, toute entière, a été coupable de négligence !

Faut-il qu’elle paye pour avoir été une victime taiseuse et mal-aimable et une accusée tout aussi fermée ? Qu’est donc cette justice à la tête du client ? Faut-il arriver les yeux baissés et se couvrir la tête de cendres pour avoir le droit d’être une victime sollicitant la compassion des puissants ? Mais qui sont ces gens, quelques uns, certes, quelques juges seulement (pas toute la confrérie des magistrats, je l’espère…), pour considérer qu’ils sont de droit divin et qu’il faut donc mettre un genou à terre pour bénéficier de leur clémence ? Quelle arrogance ! Certains juges estiment que l’indépendance leur donne tous les droits, y compris de ne pas faire preuve, au cas par cas, d’humanité…

Le président Hollande avait accordé aux juges la possibilité de la libérer par anticipation, sans déjuger la justice pour autant. Certains d’entre eux ont jugé qu’elle devait rester emprisonnée. Il a donc grâcié, en utilisant le pouvoir de grâce du président de la République. Rappelant à ces quelques juges que si la loi doit s’appliquer à tous et par tous, les juges jugent au nom du peuple français. Les élus sont élus par le peuple, pas les juges. Fermer le ban. La décision du président dit que les violences faites aux femmes ne supposent pas que la femme battue, violée, doive se couvrir la tête de cendres pour bénéficier d’une justice humaniste.

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