LA DIPLOMATIE, AVEC OU SANS L’EUROPE ?

Sur le front diplomatique, entre la Turquie, la Syrie et le rôle de la Russie,  aujourd’hui le monde se recompose. Enfin… disons que nous, les occidentaux, on s’apperçoit (enfin) que le monde se recompose. Sans nous ? Pas forcément. Mais il va falloir être un peu moins fanfarons…

1/ La Russie marque des points en pagaille : en Syrie, Vladimir Poutine, depuis toujours violemment anti-islamisme radical, a tordu la main à Recep Erdogan (islamiste à peine caché) et à Bachar El Assad le pseudo-laïc dictatorial (rappel : les communiqués et conférences de presse sont russes). Et il a fait alliance avec un autre de nos grands satans : l’Iran. Au passage, la Syrie a disparu du paysage politique et les pays arabes restent (diplomatiquement) silencieux. Même si l’Arabie Saoudite a envoyé quelques avions dans la coalition occidentale qui mène des frappes aériennes ciblées. Histoire de.

2/ La Chine se tait. Leur nouveau patron, c’est un dur, il s’occupe de son niveau de vie intérieur, et attend et forme des artistes, des scientifiques, des sportifs, des interprêtes, des diplomates, des joueurs de poker et patati et patata. Bref, ils se musclent. Danger pour nous ? Oui et non. Si nous hurlons au loup, oui. Soyons un peu malins. Les forts ne respectent que la force, surtout s’ils sont subtils. En est-on capables ? Oui. Alors faisons-le. La French Tech marche bien là-bas d’ailleurs…

3/ L’Europe se tait. C’est dommage, car non l’Europe n’est pas l’homme malade de la planète ! C’est le plus grand marché du monde et c’est aussi l’endroit où, globalement, le niveau de vie moyen est le plus élevé du monde. Mais l’Europe pense qu’elle a un destin et a tendance, un peu, à ne pas trop communiquer côté « monde réel » ce qui fait que l’on entend beaucoup, actuellement, le silence politique du destin… Ne faudrait-il pas arrêter de réclamer aux autres de mettre un genou à terre pour glorifier nos principes démocratiques…? Juste laisser les peuples y venir « naturellement ». C’est parfois long. Nous, on a mis 2 siècles… ( écrire cela me fait mal, car les femmes en payent particulièrement le prix, celui des viols et du devenir de chair à canon des enfants dont elles accouchent).

4/ Les USA sont furax et Barak Obama joue (à raison) la crise diplomatique grave à cause des espionnages russes dont ils ont été victimes au moment de la campagne présidentielle. Exclusion de 35 diplomates et fermeture des consulats (les administrations qui font le lien avec les résidents). Poutine a-t’il fait élire Trump… ? Voire même Fillon aux primaires de la droite ? Dans ce cas, sa puissance est quasi infinie…

5/ Dont acte ? Et on en reste là ? Non. Evidemment non. Mais que d’erreurs ! Alors à l’Ouest…, rien de nouveau ? Si. justement, car cette absence politique est nouvelle…

La diplomatie n’est pas un art destiné à s’entendre avec ses amis, c’est tout l’inverse : c’est un art qui consiste à s’entendre avec ses ennemis ! Avec sa rhétorique apparemment simplette, Poutine est assez doué… Il serait temps que l’Europe se dote d’une capacité diplomatique puissante et, comme ce sera long et difficile, il faut commencer très vite.

Voila voila. Il va falloir s’y faire à ce monde-là, et s’y mettre. `

En effet… cet accord de cesser-le-feu durera-t-il ? Du côté de la Syrie et de l’Irak (dévastés) il reste des forces islamistes actives, Daesh et Al Qaïda… En Afrique occidentale, BokoAram, AQMI, et d’autres sont tapies. Nos forces françaises y sont. Certes et tant mieux. Merci François Hollande d’y avoir été, même bien seul à l’époque. Ne pas en partir trop vite serait bien… Et enfin, si la trêve signée par Vladimir Poutine avec Bachar El Assad et Recep Erdogan ne dure pas, il ne faudra pas crier victoire, mais trouver avec lui des chemins pour recommencer et recommencer et recommencer encore et encore… Sans oublier que Erdogan retient quelques milliers voire millions de réfugiés sur son territoire, des gens qui n’ont qu’une envie : venir en Europe.

En diplomatie,  il faut utiliser les alliances avec ses amis pour construire des arrangements solides avec ses ennemis. Dans l’intérêt de chacun. En étant malin sur le prix à payer.

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