SOYONS à LA HAUTEUR

Etre à la hauteur. L’enjeu est là. A la hauteur de la souffrance de nos concitoyens, de notre jeunesse qui a été attaquée dans son essence même, entre détente, partage, jeu, et culture. Etre à la hauteur de l’enjeu, qui est national, ici en France, ici en Europe, mais aussi international, et sur ce pourtour méditerranéen qui nous est cher. Etre à la hauteur de l’enjeu.

Etre donc là ce matin, toute la journée s’il le faut, pour que ce texte « Prorogation de l’état d’urgence et renforcement de l’efficacité de ses dispositions » soit voté dans les mêmes termes par les 2 chambres, de façon que l’état d’urgence puisse durer 3 mois et non 12 jours seulement.

Les faits sont têtus, et l’on voit bien combien il faut que nos forces « en tenue » puissent agir et agir vite, que la population se sente et soit en sécurité, et pour que la Représentation Nationale soit informée officiellement et régulièrement (et pas seulement « à la fin », amendement PS), pour que les assignations à résidence des personnes identifiées comme « à risque » soient efficaces, (amendement LR voté à l’unanimité pour aller jusqu’à 12h), pour que les tribunaux « militaires »  – tous – soient supprimés, et pour qu’un contrôle préventif des médias (voulu par quelques membres du groupe SRC et par les députés PRG et UDI) soit remis « à la sagesse de l’Assemblée » (je me suis prononcée contre, et j’ai été la seule), et pour que le droit de dissolution des associations soit conforté.

Je suis fière aujourd’hui d’être française, de vivre dans un état de droit qui se mobilise pour le bien de tous, pour le respect de nos principes et de nos valeurs, et pour combattre le pire : l’obscurantisme moral qui sait utiliser les armes de la modernité, celle du feu, des ondes et des réseaux. Qu’ont-ils produit eux-même ces gens qui prônent la terreur ? Rien.

Nous agirons par la loi, le droit et la qualité de nos « hommes en tenue »: policiers, gendarmes, militaires, pompiers, médecins, infirmières. Et par le courage d’aller agir au-delà de nos frontières, et de trouver les voies diplomatiques pour que tous ceux qui veulent que Daesh s’éteigne y réussissent.

C’est de notre avenir dont il s’agit aujourd’hui… Les temps sont graves, ce que nous votons aujourd’hui est grave.

(Au point que la densité du débat, palpable dans l’Hémicycle, a connu un moment de détente générale … quand son président, Claude Bartolone, a eu un mot amusant en nous appelant soudain « mes camarades », terme consacré entre socialistes : explosion de rires sur tous les bancs, auquel notre président a fait écho en disant « chers collègues, compatriotes, collègues et compagnons »). Que des C. Comme Congrès. Celui où le Président de la République a engagé notre pays, avec force, dans un 21ème siècle dur et passionnant.